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Utopies Nordiques
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Utopies nordiques

À l’invitation de Johanne Roussy, artiste, sculpteure sociale nord-côtière et fondatrice de l’Atelier de la 8e île inc., une douzaine d’artistes d’horizons multiples seront de passage sur la pointe de la rivière Moisie, afin de créer une série d’œuvres et performances sur divers sites. Les scènes qui y seront captées constitueront la trame poétique d’un film d’art sur la thématique proposée par la directrice artistique, soit Les utopies nordiques. L’idée est née du rêve de l’artiste Johanne Roussy de voir la pointe de la rivière Moisie devenir un vaste musée vivant, avec ses histoires qui lui sont propres et sa beauté singulière. En invitant ses collaborateurs à rêver sur le territoire avec elle, elle désire voir se croiser et se féconder les imaginaires. Les artistes invités viendront passer d’une à trois semaines à Moisie pour y vivre et y créer avec ces paysages doux et violents, sis dans la forêt boréale, à la frontière du 50e parallèle. Ayant carte blanche, ces artistes aux origines et identités diverses auront l’occasion d’expérimenter le métissage de leurs savoir-faire au cours de leur résidence. Elles et ils entreront en relation avec cette terre poreuse d’histoires, trop souvent violée, pour dialoguer avec elle et son cœur. Chaque artiste, à sa manière, partagera les fruits de cette rencontre et de ces expérimentations avec des personnes dont les ancêtres parcourent la pointe depuis des millénaires.

Après tout, tout commence avec ce territoire: le territoire non cédé du peuple de la Mishta-Shipu. Après avoir été forcée à la sédentarité, cette communauté fut déplacée vers Maliotenam pour permettre la construction de la 30e station d’écoute radar de la ligne Pinetree de l’Armée canadienne pendant la Guerre froide. Aujourd’hui, la base est devenue un village de quelque 300 habitants. Elle abrite l’Atelier de la 8e île de Johanne Roussy, lieu de recherche, de création, de production, de diffusion et de médiation culturelle en arts multidisciplinaires, installé dans l’ancienne église à deux confessions (catholique et protestante). Ces lieux seront la trame de fond des utopies nordiques.

Ce film sera traité en termes d’espaces utopiques, comme la 8e île elle-même, et aussi de contre-espaces pouvant modeler une trame narrative critique, un contre-discours sur les utopies. Ce contre-espace prendra la forme d’un chœur, à l’instar des pièces de théâtre de l’Antiquité. Ce chœur sera constitué d’Innus de la région, qui s’exprimeront dans leur langue maternelle.

Les utopies nordiques portent sur la notion de reconnaissance. La reconnaissance du territoire, la reconnaissance de son histoire, de ses premiers habitants et du futur à tisser ensemble. Le projet vise à mettre cette reconnaissance en actes, plus précisément en actes artistiques, et à en filmer le résultat.

En marge du film, je vais créer une série de capsules vidéo en direct mettant en valeur le travail des créateurs participants durant le processus de création. De cette manière, il est possible de partager l’intimité d’une création sans en perturber le processus. C’est d’ailleurs une habitude depuis quelques années qui est appréciée et qui a des retombées surprenantes, allant de la plus grande participation du public dans les activités de la 8e île jusqu’au recrutement d’artistes pour des projets futurs. Quoiqu’il en soit, en présentant en direct sur le Web le processus de création et le savoir-faire des artistes et artisans du film, nous faisons rayonner les arts et les métiers d’art plus qu’on ne le pourrait avec le simple présentiel. De plus, ces artisans – sculpteurs monumentaux et de décor, gréeurs, éclaireurs ou marionnettistes – travaillent souvent dans l’ombre et l’anonymat; ce film et ses clips promotionnels mettront ces techniques au premier plan.

Le « chœur »

« Il faut savoir marcher le territoire » comme le dit si bien Joséphine Bacon. Avec Les utopies nordiques, la sculpteure sociale Johanne Roussy façonne une œuvre de conscientisation sociale à même la « marche » d’artistes iconoclastes sur la pointe de Moisie et ses environs. Les artistes font figure de tricksters, de fripons ou de farceurs devant l’ordre établi, qui s’amusent à le déconstruire pour faire place à une sorte d’ordre universel des choses. Ainsi, ce sont les identités québécoises, canadiennes et diasporiques — ou plutôt l’esprit colonial qui s’y cache parfois — qui sont examinées, mises en relief et remodelées en métaphores nées du dialogue entre les artistes et leurs espaces utopiques.

Cela dit, créer en terres non cédées — surtout en tant qu’étrangers — ne peut pas se faire en passant à côté du regard des premiers habitants, qui furent expropriés quelques dizaines d’années auparavant. Comment intégrer le regard des Innus sans parler à leur place ?

C’est ici que le « chœur »¹ théâtral se pose en témoin vivant. Concrètement dans le film, cela pourrait se traduire par un travelling de caméra s’approchant d’un tournage aperçu de loin et qui, soudainement, bifurque vers une conversation en innu de deux femmes aînées en train de cueillir des baies sur la pointe de Moisie et qui se parlent de la scène tournée au loin ou d’une autre scène tournée plus tôt. Cet exercice de style générera plusieurs niveaux d’échanges et mènera, nous le souhaitons, à un dialogue poétique-vérité.

1 « Probablement issu des dithyrambes et des drames satyriques, le chœur présente le contexte et résume les situations pour aider le public à suivre les événements, fait des commentaires sur les thèmes principaux de la pièce et montre comment un public idéal est censé réagir à la représentation. Il représente souvent la population ou l’auteur dans la pièce. »

Tiré du site Web Wikipédia